mercredi 14 septembre 2011

Un détour au Zanskar …

Avant de quitter l’Himalaya pour nous rendre au Cachemire, nous décidons de faire un détour par les vallées isolées du Zanskar. Le seul accès carrossable se fait par une piste depuis Kargil qui longe les glaciers de la 'Suru Valley', il ne nous faudra que 28h en jeep pour effectuer les 300km qui séparent Leh et Padum (capitale du Zanskar) ! Bon il faut dire que la crevaison au bout d'une heure de trajet (sachant que le check up complet de la voiture avait été fait la veille) n'a pas vraiment aidé, surtout que le crique etait trop court et la clef trop large!  
La plaine fertile du Zanskar

La faible fréquentation touristique n'a pas altéré l'hospitalité naturelle des habitants qui demeurent ici très chaleureux (comparativement à Leh). Tout juste arrivés à Padum, nous partons visiter le monastère de Karsha à 2h de marches de la ville mais c'est sans compter sur la gentillesse de plusieurs familles qui nous invitent à partager le Thé au beurre salé (va–t on s'y habituer un jour?), les chapatis (galettes) et la tsampa (mélange de farine, d'eau et d'huile) que l'on trempe dans le jur (yaourt au lait de chèvres ou de vaches).



 Que se soit au milieu des champs ou à l’intérieur de leur maison, c'est en réalité tout leur déjeuner qu'ils partagent avec nous, tout en nous racontant leur vie de zanskaris au fil des saisons. Les invitations se succèdent et tant pis pour le monastère, nous passons une agréable après-midi dans les villages autour de Padum.



Nous décidons de partir 3 jours dans la vallée pour visiter la gompa de Phuktal puis revenir. Nous partageons le Taxi avec 2 Allemands pour s'avancer dans la vallée (jusqu'à Raru) sur la route en construction qui devrait désenclaver le Zanskar en le rapprochant de Manali. Nous poursuivons dans la vallée à pieds, souvent seuls, même si nous traversons de nombreux villages, nous dormons chez l'habitant (homestay) avec qui nous partageons le dîner (riz, patates, légumes) et le petit déjeuner ( chapati et jur) autour du poêle dans lequel brûlent des bouses de yak séchées.

Une chambre dans une maison zanskhari traditionnelle
Le début du mois de septembre est consacré à la moisson, toutes les familles passent alors leurs journées au milieu des champs. Les champs d'orges moissonnés, en cours, ou intacts offrent des patchworks incroyables de couleurs aux pieds des sommets enneigés. Une fois coupée la paille est stockée sur le toit des maisons alors que les épis passent dans les meules rudimentaires installées le long des rivières.
Les petits tas d'orge et de foin


Une journée et demi de marche nous est nécessaire pour atteindre la gompa de Phuktal, monastère troglodytique construit au milieu d une falaise. Nous arrivons à l'heure de la prière, donc à l'heure du thé au beurre (encore !) et pouvons rencontrer les moines dont la vie dans la falaise surplombant les gorge nous impressionne.
Phuktal, coincé dans la falaise




Quelques heures au monastère et il est temps de reprendre le chemin de Padum où nous rencontrons des bénévoles Françaises (2) et Suisses(2) avec qui nous passeront quelques jours partageant les taxis en direction du Cachemire.


Le reste des photos est ici

lundi 12 septembre 2011

Julley , Julley


Connaissez-vous le point commun entre un abricot, le « bonjour - Merci » laddaki et mon prénom ?
Ils se prononcent tous les 3 de la même façon : « Julli « pour les abricots et "Julley" pour dire bonjour et Julie !

Voici un quizz inspiré de notre voyage en terre bouddhiste ..
Qu'est ce que c'est ?




Réponse : Une baratte à beurre pour préparer le thé au beurre au salé, boisson traditionnelle tibétaine et trés repandu chez les Laddakhis. 

A quoi ca servent toutes ces bouteilles ?




réponse : C'est la réserve d''huile utilisé pour les lampes à huile qui brulent en offrande dans les monastères



Bravo au Coutancaises pour les bonnes réponses

lundi 5 septembre 2011

Pagong Lake ...


Le permis en poche (obligatoire pour se rendre dans les zones frontalières), nous optons pour le bus local pour nous rendre au Pagong Tso qui s’étend à plus de 4400m, une moitié au Tibet, une moitié en Inde. Nous nous rendons vite compte que ce n'est pas le moyen le plus efficace, nous nous arrêtons souvent pour la pause du chauffeur, refroidir le moteur après la montée au Chang La (5300m) et les check point militaires où nous devons montrer nos permis.
Notre bus, le toit chargé du ravitaillement
Après 9h de bus (alors que nous n'en attendions que six), la vallée s'ouvre sur l'immense lac entouré de montagnes désertiques, le bus s'arrête au camp de Kulung qui borde le lac:c'est en fait un mix entre camping pour touristes et caserne militaire.
Vue sur le lac depuis Lukung.
 Pas trop emballé par l'endroit, nous poussons 10km plus loin pour rejoindre le petit village de Spangmik où certains habitants accueillent les étrangers pour la nuit. Les 10 km sont laborieux, notre taxi / mini van reste coincé dans le lit d'une rivière descendant du glacier, obligés de se déchausser pour pousser, les pieds dans l'eau glacé.

Spangmik est un tout petit village enchanteur sur les rives du Tso Pagang, où les habitants élèvent quelques dzos (croisement vache / yak), cultivent tant bien que mal de l'orge et de légumes, ce qui en fait un village coloré qui contraste avec les berges caillouteuses de ce lac salé (pas de poissons). 


Nous arrivons alors que les plus jeunes moines du monastère adjacent terminent leur après-midi festive au bord du lac. Ils se pressent autour de nous pour nous montrer leurs talents au ricochet et apparaître sur nos photos ...

Nous logeons dans une maison traditionnelle où se côtoient 4 générations. Le père, qui a appris l'Anglais tout seul, nous impressionne par la qualité de son accent. Rassemblés autour de délicieux bols de thupka (soupe tibétaine ) pour le dîner, il nous raconte la vie au bord du lac d'une saison à l'autre.

L'été les enfants les plus âgés sont en pensions à l'école de Leh et ne rentrent que lorsqu'ils ont une semaine de vacances. L'essence (pour le réchaud), les bouteilles de gaz, le riz et une partie des légumes (tomates, courgettes) qui ne poussent pas à cette altitude doivent être amenés depuis Leh, sur le toit du bus local (2 jours A/R) : attention à ne rien oublier !
Lorsque l'hiver (de fin octobre à fin mars) rigoureux s'installe, toute la famille est réuni dans la maison, les enfants ont leurs longues vacances scolaires et les -35°C du thermomètre limitent les activités extérieurs au stricte minimum : aller chercher de l'eau. Le lac est entièrement gelé, et tout le paysage est recouvert de neige : ça donne envie de repasser voir !

Préparation des chapatis pour le petit dej

Malgré la vie plutôt difficile à cette altitude les habitants ont constamment le sourire aux lèvres et passent le plus clair de leur temps à rigoler ! La découverte de ce lac et de ses habitants vaut bien les 16 heures (A/R) de bus pour s'y rendre.
Partie de billard tibétain.




Le reste des photos est ici.

jeudi 1 septembre 2011

Thiksey et Kardung La ..


Pour se reposer les gambettes de la marche des jours précédents, on part visiter le monastère de Thiksey l'un des plus grands du Laddakh. Jonché à flanc de colline, c'est quasiment une ville dans la ville. 
Thiksey

Village monastique complet, il est doté d'une école, d'un restaurant et d'un bouddha de 14m de haut. On assistera à une séance de de trompettes sur le toit pour l'appel à la prière.


Le monastère est victime de son succès, on verra autant de touristes que de moines pour la prière de l’après midi. Le trajet retour se fera en stop à bord d'un camion Tata kitchissime !
Camion Tata.
Pour le dernier jour de Rémi avec nous, nous optons une activité un peu moins culturelle mais o combien amusante : la descente du Kardong La à VTT. A 5600m d'altitude, le Kardong La est le plus haut col carrossable au monde (sur la route de la Nubra Valley, en direction du Pakistan et de la chaîne du Karakorum). L'activité consiste à remonter les 30km de piste vers le col en 4x4, les vélos sur le toit , puis de redescendre à VTT les 2000 m de dénivelé jusqu'à Leh.

Au départ.
La route est ouverte dans le sens de la montée le matin et de la descente l'après midi, nous sommes donc descendu juste à l'ouverture de la route pour éviter au maximum le trafic. 

mardi 30 août 2011

En haut du Stok Kangri ...


En bons montagnards, nous sommes bien tentés par l'ascension du Stok Kangri, sommet qui nous nargue depuis Leh. Renseignements pris, le Stok Kangri est un 6000 très abordable et facile qui peut se réaliser en 4 jours si on est acclimaté (ce qui est notre cas). 
Le Stok Kangri vu depuis Leh.
Vue sur Leh.
L'ascension ne nécessite pas d’être encordé (le glacier à traverser peu épais n'est quasiment pas crevassé). Chouette, on va donc pouvoir partir « léger », ou tout du moins prendre plus à manger pour agrémenter les repas. La recherche de crampons et piolets de location, encore fonctionnels, nous occupe une bonne partie de la journée. On trouve quand même le temps de grimper sur les hauteurs de Leh pour visiter le palace et une gompa en profitant d'un coucher de soleil grandiose. Bon présage pour le sommet ?

On part de Leh sous une pluie et un ciel bouché qui nous fait plutôt penser à la Normandie, qu'à un pays désertique. Quelques heures plus tard à l'arrivée du bus ça va déjà un peu mieux.
On commence par remonter la vallée depuis le petit village de Stok avec un paysage encore différent de ce qu'on avait vu. Le deuxième jour, les sommets enneigés commencent à apparaître. On rejoint le «  camp de base » du Stok Kangri en début d’après midi. 

Les tentes du camp de base en arrière plan.
Rien d'exceptionnel pour ce camp plutôt bondé et jonché de crottins. Enfin la promiscuité a quand même du bon, on passera l’après midi à se reposer au soleil en discutant avec nos différents voisins. On se fait même offrir une boite de raviolis d'Allemagne au plus grand plaisir de Rémi trop content de retrouver un peu de viande.
Vue depuis le camp de base.
Le lendemain, le départ pour le sommet est plutôt matinal voir nocturne : 1h00 du matin. La montée se fait tranquillement sans difficulté particulière même si l'on chemine vraiment très lentement, le souffle court. Je me sens plutôt nauséeuse ce qui n'arrange rien à ma vitesse de progression. Rémi et Thomas supporteront mon rythme toute la montée sans broncher et pourtant ils commencent à avoir froid. 
Ça monte.
La montre alti étant un peu déréglée, on découvre avec surprise le sommet 300m plus bas que ce qu'on l'attendait : bonne surprise !. Le soleil est là pour nous réchauffer et on profite d'une vue grandiose sur les vallées environnantes (Indus, Zanskar, Pakistan). Les nuages ne tardent pas à arriver (timing parfait) et on en profite pour entamer la descente.
Au sommet.
Retour au camp de base pour un repos bien mérité avant de redescendre sur Stok où nous trouvons une jeep pour nous ramener à Leh.
Le glacier d'à côté.
Les photos de Leh sont ici.
Les photos de Stok Kangri sont .

jeudi 25 août 2011

Balades au pays des cailloux ...


Une fois Rémi attrapé à sa sortie d'avion, nous nous concoctons 10 jours de balade au Ladakh / Zanskar : un grand mélange de journées d'acclimatations et de trekking en autonomie, de nuits en tente et d’hébergements chez les habitants, de visites de monastères et de randonnées dans des vallées désertiques.
pleins de jolis cailloux !
Dés le lundi matin, plutôt que d'aller au boulot, nous grimpons dans le bus en direction des petits villages d'Alchi et de Likir à 2h de Leh environ. En visitant le monastère d'Alchi nous rencontrons un groupe de femmes qui invitent Julie à éplucher des abricots. Les abricots poussent ici dans tous les champs et jardins de la vallée et jouent un rôle important dans l'économie locale (ils sont super bons, vraiment pas chers et déclinés sous toutes les formes : savon, huile, séchés)

La Gompa de Likir, perchée sur sa colline, offre un vue incroyable au couché du soleil sur la vallée de l'Indus et la chaîne de montagne du Zanskar. Nous passons la nuit à deux pas du monastère pour profiter de l'ambiance et retrouvons Zoey et Gav rencontrés à Manali.
Likir.
Nous quittons la vallée de l'Indus à pied depuis Alchi pour rejoindre une vallée isolée du Zanskar (sur le chemin Lamayuru-Chilling) et le tout petit village de Sumdo Choon. Deux jours nous seront nécessaires pour franchir le col à 5200m et redescendre dans les pâturages à Yaks surplombant Sumda Choon. Les deux premiers jours de trek sont assez éprouvants surtout à cause de l'altitude mais le paysage est magnifique et change radicalement à mesure que nous montons.
Peu avant le col.
Nous ne croiserons dans ces montagnes qu'un berger avec qui nous partagerons un thé salé et nos abricots alors qu'ils nous demandent des nouvelles de son troupeau de Yak broutant bien plus haut dans la montagne.
Tea time.
 Quelques kilomètres après Chilling, le chemin traverse la rivière Zanskar, mais le pont n'est pas encore construit:il faut en fait utiliser une sorte de grosse caisse suspendue à un câble au dessus de la rivière bouillonnante pour rejoindre l'autre rive. Impressionnant !
Traversé du Zanskar.
 A partir de là, nous retrouvons le trek, un peu plus parcouru, de la Markha. Nous remontons donc la vallée de la Marka pendant 3 jours traversant les villages de Skyu, Markha, Hankar, Tachongsen jusqu'à Nimaling. Les premiers jours, le fond de la vallée verdoyant tranche avec les montagnes abruptes et extrêmement arides de parts et d'autres de la rivières. Plusieurs passages à gué dans l'eau glacé sont nécessaires (et délicats à cause du courant) :mieux vaut ne pas oublier ses principes physiques, « L'écoulement est plus puissant dans les passages étroits » Cela m'a valu une petite frayeur lorsque j'ai essayé de traverser au plus étroit (pour me mouiller moins longtemps les pieds) et que je me suis un fait peu chahuter par la puissance du courant ! Chacun se souviendra de cette journée : a notre énième passage à gué, Rémi décide de prendre une voie alternative en gravissant la montagne qui s'écroulent littéralement sous ses pieds. Finalement il rejoint la terre ferme indemne du bon coté de la rivière sous le regard perplexe des locaux (Mais pourquoi il passe par là celui là ? ) .

Vue sur le Kang Yatze.
 Tandis que nous prenons de l'altitude, les pics enneigés du Kang Yatse (6400m) apparaissent, et le chemin traverse les pâturages des Yaks qui se révèlent de très bons spots de camping au milieu des marmottes et des poules sauvages.
Camping chez les Yaks.
 La météo n'est pas au rendez-vous pour le dernier jour de marche. Nous passons le col à 5200m sous la neige et la descente vers l'Indus se fait sous la pluie. 
Au col.
 Après plusieurs de marches sous la pluie, un peu de camion-stop et de bus nous arrivons le soir à Hemis complètement trempés, les moines de la Gompa (une des plus importante de la région) ont pitié de nous et nous proposent de passer la nuit, dans l'enceinte du monastère, dans ce que nous comprenons être une cellule pour les pèlerins de passage.
Notre chambre au monastère.

Le monastère d'Hemis.
Réveillés à 6h du matin par le Gong, nous pouvons assister à la première prière de la journée où tous les moines sont présents, les plus jeunes ont probablement moins de 10 ans (un moine adulte surveille les plus jeunes pour éviter les chamailleries), on nous sert du thé au beurre de Yak salé pour patienter avant le petit déjeuner. Nous visitons le monastère alors que les premières hordes de touristes arrivent, l’atmosphère du monastère change complètement … mais nous avons eu la chance d'être les seuls étrangers pendant quelques heures !
Jeune moine à Hemis.
 Le reste des photos est ici.

lundi 22 août 2011

Sur la route de Leh

Nous fuyons Delhi par le bus de nuit afin d’éviter la chaleur étouffante de la ville, rien à voir avec ce que nous avions connu au Cambodge ou à Bangkok, la température est intenable.

Arrivés à Manali, à 2000m d'altitude, nous pouvons enfin souffler et profiter du calme de l'Himal Pradesh depuis notre guesthouse entourée de pommiers à seulement 10min de marches de la ville (merci à Zoay pour ce bon plan).
Content d'être à Manali.
Nous nous baladons dans la montagne avec Zoey et Gav (rencontrés dans le bus) et le chien de la guesthouse qui semble adorer les balades ! Les paysages sont verdoyants (presque alpins), des ruisseaux et des torrents descendent des glaciers un peu partout, la marijuana envahie les jardins comme la mauvaise herbe et les forêts de mélèzes fournissent le bois pour cuisiner.
Gros arbre!
A partir de Manali 2 jours sont nécessaires pour rejoindre Leh.

Les 100 premiers kilomètres du trajet sont laborieux, il n'y pas suffisamment de places assises dans le bus et la route franchissant le premier col à 4000m est en construction : enlisements dans la boue et embouteillages nous retardent beaucoup. Une fois le col franchi les paysages changent complètement, les arbres laissent place aux prairies de la vallée du Lahaul-Spiti. Il nous aura fallu plus de 11h pour arriver à Keylong où nous décidons de prendre une journée de pause.
Embouteillages à 4000m.

Keylong, capitale du Lahaul, se dresse au dessus de la vallée de la Bagha et constitue l'arrêt obligatoire sur la route Manali / Leh, nous y passons une journée pour que nos fesses récupèrent du trajet précédent. A une heure de marche du bourg, la Gompa de Shashur surplombe la ville. Nous rencontrons 4 pèlerins amicaux venant de Kullu qui nous accompagnent pendant la montée. Ils nous parlent tout le long du chemin mais ne nous comprenons pas grand chose à leur langue. Nous saisissons qu'ils viennent consulter le médecin tibétain de la Gompa.
Nos copains, les pèlerins.
Nous quittons Keylong au lever du soleil (5h du matin) avec cette fois ci des places réservées. Nous alternons pause repas, contrôles des passeports alors que la route s’élève lentement dans des paysages de plus en plus désertiques. Pendant les 15 heures de trajet nous franchissons trois cols dont le plus haut s’élève à 5300m avant de redescendre sur Leh vers 21h.
Sur la route...
Cette route ouverte seulement de Juin à Octobre est un des seuls accès terrestres au territoire Ladakhi. Emprunter cette route permet de réaliser l’éloignement et l'isolement de la région et de profiter de paysages à couper le souffle (au sens propre et figuré).

Le reste des photos est ici.